L’agent de conformité, écran par écran
Posez une question, déposez les documents, choisissez ce qui tourne. Chaque constat revient rattaché à la clause et à la page dont il vient. Quatre écrans.
Ça commence par une question, pas par un formulaire
La plupart des logiciels de conformité commencent par vous demander de les configurer. Celui-ci commence par vous demander ce que vous voulez savoir.
La question est formulée dans vos mots. « Est-ce que Narbonne Sud est éligible au financement senior » est une chose qu'on cherche vraiment à savoir, et c'est très loin de l'écran de paramétrage champ par champ qui s'interpose d'habitude entre quelqu'un et une réponse.
Les documents entrent tels quels
Neuf documents arrivent sous forme de PDF, de tableur et de zip. Ils ressortent dédoublonnés et classés : bail, business plan, devis EPC, raccordement. Personne n'a renommé quoi que ce soit avant.
Puis l'agent demande sur quel référentiel s'appuyer, parce que c'est une décision à conséquences et qu'elle n'appartient pas au logiciel. Un playbook de financement senior et un playbook de vendor due diligence ne cherchent pas la même chose dans le même bail.
Il annonce ce qu'il va faire
C'est le moment qui mérite qu'on s'arrête. Avant de consommer du temps, l'agent demande quelles passes lancer :
- Une passe règles. 98 checks déterministes plus LLM, et répétables. Lancez-la deux fois, vous obtenez deux fois la même réponse.
- Une passe raisonnement. Une lecture holistique du montage, explicitement non bloquante, parce qu'un jugement ne devrait pas à lui seul recaler un projet.
- Une comparaison au cluster régional. Productible et CAPEX face aux centrales voisines.
Séparer le déterministe du raisonnement compte plus qu'il n'y paraît. Cela permet de savoir quels constats relèvent d'une règle appliquée et lesquels relèvent d'un modèle qui se forge un avis, et donc de les traiter différemment, ce que doit faire quiconque signe au bas de la sortie.
Chaque constat porte sa preuve
C'est la sortie qui compte, et la raison pour laquelle le reste vaut d'être construit.
Le constat : le bail emphytéotique couvre 28 ans contre un minimum de 30. En dessous : la clause source, avec le document, le paragraphe et la page. Puis la provenance, les faits extraits à partir desquels la conclusion a été bâtie, et l'écart calculé entre eux. À droite, le document lui-même, à la bonne page, avec la mention surlignée.
On ne vous demande pas de faire confiance à la réponse. On vous montre la dérivation et on vous invite à la vérifier. Un constat bloquant dans une due diligence, c'est un chiffre dans une négociation, et un chiffre dans une négociation doit survivre à l'avocat d'en face.
Ce que cela change
La différence n'est pas qu'une machine lit plus vite qu'une personne. C'est que la lecture est systématique, identique à chaque fois, et auditable après coup.
Un relecteur humain qui traverse 900 documents fatigue, et les cent derniers reçoivent moins d'attention que les cent premiers. Une passe règles, non. Et quand un acheteur demande dans trois semaines pourquoi vous avez signalé le bail de Narbonne, la réponse est une référence de clause et un numéro de page, pas un souvenir.